surf magazine
Partager l'interview

English languageAlso available in English

Avec la retraite de Occy, il n'y a plus de Rock'n roll attitude sur le tour sauf celle de Chris Wardo.
Il n'y a plus de légendes sur le Tour sauf Kelly Slater. Elle nous manque l'époque des Occy, Sunny, Archy ou des Fletchers...Mais tout le monde se rappelle d'un des surfers les plus Hardcore et charismatique dans et en dehors de l'eau. Son nom, Richie Collins. Il a été le plus jeune pro surfeur du tour de l'histoire, un gros chargeur, qui tapait de gros aerials 360 à une époque ou tout le monde carvait.. .J'ai décidé d'appeller Richie le surfeur de légende pour faire une interview sur sa carrière. Let's rock..


Freaksurf Magazine : Peux tu nous présenter Richie Collins le surfeur légendaire ?

Richie Collins : Je suis de Newport Beach en Californie. J'ai commencé à surfer très jeune parce que mon père était un surfeur shaper.

FSM : Pourquoi as tu choisi le surf plutôt qu'un autre sport ?

RC : Quand j'étais enfant , j'ai grandi en passant mon temps dans l'atelier de shape de mon père et à aller surfer avec ses amis. Je les regardais lui et les autres, shaper et créer des surfs. Quand je voulais aller surfer j'essayer tout le temps de rester avec les grands comme JEFF PARKER, DANNY KWOCK et PRESTON MURRAY pour devenir l'un d'eux parce qu'ils étaient tous dans les mags. Puis, quand j'ai eu 11 ans j'ai créé et shapé mon premier surf. Je suis monté sur mon premier surf shapé à 14 ans et j'ai désigné mes propres ailerons. J'ai commencé à shaper parce que mon père a lancé COLLINS WAVE TOOLS. Je l'ai regardé faire depuis que j'étais tout petit et j'ai voulu faire comme lui.

Racontes-nous ta carrière légendaire, depuis le début jusqu'au Dream Tour.

Quelques années plus tard quand j'ai eu 14 ans, je suis passé pro et j'ai commencé à shaper et créer mes propres surfs.
J'ai beaucoup appris à regarder mon père shaper. J'étais le plus jeune surfeur shaper au monde. Etant un jeune pro, certains des meilleurs surfers Californiens mon enseigné les rouages, des surfers comme, GREG MUNGALL, DAVE PARMATER, et JIM HOGAN.

Surfer sur le tour PSAA a été très difficile. J'étais toujours battu par des surfeurs plus vieux. J'ai voyagé et suis allé 4 fois à Hawaii et j'ai pu devenir un surfeur de niveau mondial.

Passer 4 hivers à vivre avec Ken Bradshaw a été la meilleure expérience que je pouvais demander. Ma carrière décollait sur le PSAA, j'étais en train de me faire un bon nom aux états unis et à hawaii. Je shapais toutes mes planches et chopais de nouvelles idées pour les shapes de grosses vagues par Ken. Quand j'ai eu 17 ans j'étais classé 2 ème sur le tour PSAA et j'ai été sponsorisé par BILLABONG. En 1987 j'ai eu 18 ans et décidé de tenter le coup sur le tour ASP  et suis allé au Japon pour ma première compétition sur le Tour. J'ai terminé 17 ème. J'ai décidé de quitter le tour PSAA et d'aller sur le Tour. J'étais toujours à la recherche de challenge et là j'en avais un. Voyager autour du monde à 18 ans en était un. Je suis allé en Afrique du Sud et fais troisième au Cap Town à la compétition de Spur Steak Ranch. Je suis rentré à la maison et j'ai fais le Op pro et le Stubbies. Je suis allé dans d'autres endroits comme l'Australie le Brésil, l'angleterre, la France, l'Espagne et le Portugal.

Wow ça avait l'air tellement fun, et ça l'était, mais ça te fais vraiment grandir très vite.

En 1987 la première grosse compéte de l'année a été le O'NEILL COORS COLD WATER CLASSIC, à Santa Cruz Californie et ça a été une compétition froide. Grosses et petites vagues, orageux et parfait, Collins, le gamin remportait sa première victoire.

"Quel combat !" à la fin du Tour 1987-1988 j'ai fini 30ème mondial. L'année suivante 1988, a été très courte. J'ai comencé en mai au Japon et terminé en décembre à Hawaii. Ca a été très difficile, mais voyager à travers ces divers pays m'a rendu encore plus célèbre. J'avais des fans partout et j'adorais signer des autographes. J'ai eu quelques bons résultats qui m'ont propulsé dans le top 16 et j'ai terminé 14è.

Mon année 1989 a été énorme. Je me suis beaucoup battu au début, et au milieu j'ai trouvé la voie de la raison avec dieu, " Jesus Christ ". Après deux ans sur le Tour, je perdais la raison. La courte deuxième année nous a fait faire le bilan. J'ai eu un break de 1 mois à peu près avant le Op pro, j'ai passé du temps avec mes amis, j'ai fait le Op pro, l'ai remporté contre Tom Curren en finale. Quelle énorme victoire pour moi. J'étais au 7ème ciel. Je parle de la bataille contre Tom Curren et de la foulle sur la plage.

Richie Collins winner of the 1989 Op Pro


C'était incroyable, merci Dieu . Mais bon pas le temps de fêter cela, direction l'Angleterre et la France. Quand je suis arrivé en France j'étais un Héros. J'avais des fans et les médias partout. La première compétition a été Lacanau, moi et Martin Potter en finale j'ai terminé second. Deuxième compétition : Hossegor. J'ai perdu contre Tom Curren en demi finale et terminé Troisième. Troisième compétition moi et Martin Potter encore en finale et j'ai perdu une seconde fois.
Wow je parles beaucoup de surf !
Le reste de l'année je n'ai pas fais aussi bien. J'ai fais quelques bons résultats qui m'ont permis de finir dans le top 10 à la 8ème.

En 1990, les choses ont commencé à mal tourner. Je ne me suis pas assez tourné vers Dieu et j'ai commencé à avoir des problèmes personnels et je n'ai pas réussi à me concentrer suffisament, ni à passer du bon temps. Le seul bon résultat que j'ai eu, ça a été au Japon, une seconde place contre Tom Curren avec quelques bons résultats. Encore une fois, je termine 8è mondial.

Richie Collins Portrait

En 1991 le monde du surf a changé. J'ai eu tellement à faire dans ma vie privée et j'étais stressé, ce qui fait que ma concentration n'était plus là. Je continuais à me battre mais il me fallait un break, je voulais prendre un peu de recule. Mais il n'y avait pas de temps mort sans quoi tu perdais tout. Mais putain, c'est quoi la différence. J'ai tout perdu. En 1991 j'ai perdu tous mes sponsors. J'étais 8 ème mondial sans sponsor et je faisais le Tour. J'étais une merde. Ayant une année très dure avec des haut et des bas j'ai malgrès tout réussi à finir 10 ème. J'ai eu une très bonne fin de saison pour la première fois à Hawaii, avec une deuxième place à Sunset, 5 ème à Pipe et une 9 ème à Haleiwa pour finir 3 ème de la Triple Crown.

1992, la nouvelle année était là et c'était le moment de repartir sur de bonnes bases. J'ai décidé de prendre cela tranquillement et cool. Le Rip Curl Pro Bells Beach était la première compétition de l'année. Je suis resté posé et aussi loin des médias que je le pouvais, mais l'ASP a décidé d'introduire un nouveau système de compéte et de faire 2 tours au lieu d'un.

Mais à partir de là il y eu tellement de surfers et pas assez de temps de compétition qu'ils ont décidé de créer le World Qualifying Séries et le World Championship Tour. Tout le monde était perturbé , ne comprenait rien de ce que l'ASP disait, alors certains d'entre nous ont  décidé d'oublier tout cela pour ce concentrer sur le surf.

Je lui ai dis que cela allait et que j'attendais juste que quelqu'un de l'ASP m'appelle pour m'aider.

Les heures ont passé mais il n'y a toujours pas eu de coups de téléphone. Mais Pet a rappellé m'offrant de venir me chercher et me demander si j'avais besoin de vêtements. J'étais toujours en combinaison parcequ'on ne pouvait me l'enlever à a cause de mon dos. Je suis finalement parti 6 heures après la finale.

Pet, sa femme et un ami sont passés voir si cela allait et m'ont demandé si j'avais besoin de chauffeur et j'ai répondu que oui. S'ils n'étaient pas venus je serais probablement encore a atendre ce coup de fil.
Il m'ont ramené où j'étais et m'ont proposer de venir chez eux jusqu'à ce que je puisse marcher de nouveau. J'ai rassemblé mes affaires et suis allais chez eux.

Roller Richie Collins

Le jour suivant, je n'ai toujours pas eu de nouvelles de qui que ce soit. J'ai eu une semaine pour essayer de me remettre sur pied avant la compète suivante à Sydney. J'ai rendu ma place de caravane et suis resté avec Pet. Mon dos toujours continuait toujours a aller mal mais je devais prendre l'avion pour sydney pour participer à la compétition. Je ne me rappelle pas comment j'ai eu ma cloche mais je l'ai eue. Quelle sensation de gagner la compétition la plus importante au monde !

Quand je suis arrivé à Sydney je n'allais toujours pas bien. Mais comme il n'y avait pas d'injury wild card à cette époque, je devais essayer et participer à la compétition.

Je n'ai pas été très bon. Mais bon je peux dire au moins que j'ai été Champion du Monde pendant deux semaines. Les temps ont été durs le reste de l'année.

J'aurais aimé me retirer pour faire un break, mais si je l'avais fait j'aurais perdu ma place. A la fin de l'année j'étais rincé et fatigué. Ma vie entière était une course. J'avais un nouveau sponsor, Body Glove et j'essayais de surfer et de garder mes résultats, mais cela ne marchait plus. Je suis sorti du top 16 et terminé 18ème.

En 1993, j'étais toujours grillé mais j'essayer de dépasser ma déception. J'ai continué à me battre toute l'année sans résultats et en dernière partie d'année mon arrière grand mère est morte, et mon grand père très malade d'un cancer. Je ne pouvais plus penser à autre chose et j'ai décidé de ne pas finir l'année à Hawaii pour passer du temps aux côtés de mon grand père. Deux jours avant Noël, mon grand père est décédé.

Paige Hareb riding

Quand on  me posait la question sur cela je disait quelque chose comme ça: " Je suis ici pour surfer et arrivera ce qui arrivera."
Pour rendre la chose encore plus confuse l'ASP a décidé de créer un nouveau système de notation également.
On était marqué par les pourcentages, basé sur si tu gagné ta série ou si tu allais au second tour.
Encore une fois nous étions à la rue. Mais putain qu'est ce que ces gens essayaient de faire...

Finallement en mettant cela de côté, je me suis dis: "oublie ça et surf."

La compète a commencé et j'ai gagné ma première série. Encore une fois les médias m'ont demandé ce qui allait se passer et j'ai répondu que je ne savais pas et que je ne comprenais rien. J'essayais de rester aussi à l'écart que je le pouvais,  rester relax et ne pas être vu. En restant à l'écart du battage médiatique, cela m'a permis de rester concentrer sur ce que j'avais à faire ici. J'ai vraiment passé du bon temps, et surfait une finale très difficile contre le Champion du monde Martin Potter. Juste avant la finale le Chef Juge essayais de décider si on devait faire ça en 30 ou en  40 minutes et je lui ai dis," Faisons la en 40 minutes il y a tellement de monde qui regarde ".
La finale a commencé et Potts enchainait les vagues parfaites. Je continuais à garder le dessus et à 10 minutes de la fin c'était ma dernière vague. Quelque chose a mal tourné et mon dos s'est coincé, je ne pouvais plus surfer.

Pottz avait besoin de deux 9 pour me battre. L'ocean est devenu assez flat pour se rendre  à l'évidence qu'il n'y aurait jamais deux 9, Pottz a décider de rentrer sachant que j'étais blessé malgrès qu'il restait du temps, mais il a dit qu'il ne voulait pas gagner dans ces conditions. J'avais le dos plié et tellement mal que je ne pouvaient même pas me bouger. Pottz a été le seul à monter sur le podium pour la remise des prix.

J'ai quitté la plage sur une civière, mis dans une ambulance et conduis à l'hôpital. Je suis resté assis sur une chaise pendant 4 heures à l'hôpital et personne de l'ASP ou même de la compétition RIP CURL, n'a pris la peine d'appeller pour savoir comment j'allais. J'ai eu un appel d'un sauveteur dont le nom était Pet, qui m'avait aidé à sortir de la plage, pour savoir si j'allais bien et si j'avais besoin d'aide.

J'étais dévasté. Deux des personnes les plus importantes dans ma vie étaient parties. Les deux personnes qui te protègent avec tout leur coeur et leur amour peu importe ce que tu fasses. Mais c'était comme ça , c'était fait.

Quand l'année 94 a commencé c'était très dur. Je n'étais plus dans le WCT, mais j'avais retrouvé un sponsor chez Town§Country. J'ai décidé de rester à la maison et de faire le BUD TOUR EVENTS local. J'ai bien réussi et je n'avais plus à voyager si ce n'est de suivre la Côte de haut en bas. C'était très rafraîchissant. Alors j'ai décider de sauter dans un avion de descendre en Afrique du Sud et de faire le Gunston 500. Les vagues étaient très bonnes et j'ai remporté toutes mes série et finit 1er ce qui m'a renvoyer sur WCT pour l'année suivante 95.

L'année suivante a été très marrante. Je n'étais pas en colère mais très confus. J'essayais tellement fort de gagner que je n'arrivais plus à surfer. J'ai perdu toutes les premières série auxquelles j'ai participé et tous mes amis se sont barrés. C'était comme si je n'avais jamais étais l'un des leurs. Que devais-je faire ? Alors j'ai surfé et j'ai fini je crois 40 ème et j'ai dû quitter le tour.

En 1996, mes sponsors m'avaient encore une fois quitté, alors je suis resté chez moi a surfer et m'amuser. C'est là que j'ai rencontré ma femme actuelle. Maintenant je suis marié depuis 12 ans et j'ai trois magnifiques petites filles...

Three Richie Collins' daughters

 

 

Lire la suite de l'interview de Richie Collins

INTERVIEWS >> Richie Collins